L'estime de soi
Pourquoi et comment travailler l'estime de soi en thérapie ?
Il arrive régulièrement que les personnes entrant en thérapie cernent très vite qu'elles souffrent d'un manque d'estime de soi.
Elles manifestent une souffrance qui perdure depuis des années et qui a des conséquences sur leurs relations interpersonnelles dans le travail, le couple, la famille, l'amitié.
En quoi la psychothérapie permet-elle d'améliorer l'estime de soi ?
Le travail thérapeutique est un levier vers un processus de transformation du regard porté sur soi. Il aide à s'accepter avec bienveillance, curiosité et sans jugement.
Comment pourrait-on définir l'estime de soi ?
Il s'agit d'une évaluation globale de la valeur que l'on accorde à sa propre personne.
La question principale est la suivante : "Est-ce que je mérite d'être aimé(e) et respecté(e) ?"
L'estime de soi se construit dans l'enfance à partir de 3 sources principales :
Le regard porté sur nous par nos principales figures d'attachement (parents, tuteurs, toute personne chargée de nous apporter amour et sécurité);
Nos premières expériences de réussites et d'échecs;
Les messages reçus à propos de notre valeur.
Cet ensemble concerne notre être et non pas nos compétences qui, elles, sont le socle de notre confiance en soi.
Pour résumer, l'estime de soi répond à la question : "Quelle est ma valeur ?"
Elle se différencie de la confiance en soi qui répond à la question "Que suis-je capable de faire ?" et, de l'affirmation de soi qui interroge notre manière de communiquer.
Bien souvent, la répétition d'expériences négatives vient valider nos croyances et nos mauvais jugements sur nous-mêmes. Ce processus finit par ancrer une autocritique permanente.
Quels sont les bénéfices cachés de l'autocritique ?
Ils répondent à certains besoins psychiques fondamentaux :
Le besoin de motivation et d'accomplissement : l'autocritique serait un moteur pour entrer en action voire atteindre la perfection. Cela est basé sur une stratégie erronée que notre valeur dépendrait de nos performances;
Le besoin d'éviter diverses formes de douleur émotionnelle : permet de court-circuiter la critique des autres. C'est un mécanisme de protection préventif : "j'anticipe le pire scénario pour ne pas être déçu ni surpris";
Le besoin de se défaire de la responsabilité de l'échec : la critique nous fournit une excuse parfaite pour ne pas essayer, ne pas agir nous protège de l'éventuel échec.
Comment travailler en thérapie ?
Identifier ses petites voix critiques, leurs bénéfices cachés;
Identifier les croyances sur soi, les autres et le Monde;
Comprendre ses propres besoins pour cerner les stratégies mises en place pour les satisfaire;
Chercher à modifier notre perception des situations vécues où l'estime de soi a été mise à mal;
Accueillir les émotions ressenties, les observer sans se juger;
Travailler l'auto-compassion : écouter sa souffrance, reconnaître qu'elle fait partie de la vie et que l'on n'est pas seul à la ressentir. Cela active le système parasympathique qui apporte calme, désactive la réponse au stress et active la réponse de sécurité.
Les objectifs visés par la psychothérapie :
Se connaître;
S'accepter tel que l'on est en tant qu'être imparfait;
Agir en contre-poids sur les idées dévalorisantes;
Fluidifier la communication.

